Echange tendu

J’ai eu un échange un peu tendu et dans les limites de la correction sur Twitter avec Madame Miret Zaki, le jeudi 13 janvier. Elle m’a d’ailleurs bloqué le 14.

Suite à l’émission du mercredi 12 janvier sur RT France (je n’apprécie pas trop trop ce média), Madame Zaki, journaliste économique et Nicolas Dufrêne, Président de l’Institut Rousseau (Le laboratoire d’idées de la reconstruction écologique et républicaine), les contres bitcoin, face à Alexandre Stachtchenko et Sébastien Gouspillou, les pros bitcoin.

Le premier Directeur Blockchain & Cryptos chez KPMG et le second CEO de Big Block Data Center, spécialiste du minage.

Moi je

Sur cet échange par tweet avec Madame où je soulignait son amateurisme sur le sujet, il y a plein d’exemple lors de cet itw mais l’un des plus gros et drôle fut :

« Si les Etats décident de stopper bitcoin, il suffit qu’ils ferment les robinets de communication et tout s’effondre. »

Là dessus Sébastien Gouspillou lui rétorque que si tout était bloqué, les distributeurs de billets aussi…

Réponse d’une naïveté confondante de Miret : Et bien non, les gens auraient grâce aux pièces et au billets la possibilité de continuer à vivre.

Re réponse de Sébastien : Vous pensez vraiment que les gens ont des liasses de billets cachés sous leur matelas ?

Silence de Miret.

Là dessus, puisque je lui ai fait remarqué que cet argument n’est vraiment pas terrible terrible, j’ai reçu comme réponse spontanée et tellement vrai sur un réseau :

« Mais qui êtes vous ? Qui vous connait ? Le Moi Je lâché à fond : 20 ans de journalisme, écrivain, je connais le sujet, toussa, t’es qui, je suis une référence, va jouer, troll, etc. »

Les fréquentations

Je vais vous répondre. Je ne suis rien et personne ne me connait. Juste un courtier qui fait son job. Pas plus.

Si je me place en face d’un comparable, c’est à dire vous, 5500 followers sur Twitter, 5000 sur Facebook, surement présente sur d’autres réseaux, diplômée avec de nombreux titres, journaliste reconnue, chroniqueuse, 3 ou 4 best sellers, je m’arrête là car la liste est longue et riche, alors oui, je ne suis qu’un simple rickshaw face à un grand propriétaire terrien du Tamil Nadu.

Néanmoins, j’y ajoute une note personnelle et non anodine sur votre parcours, chère Madame.

Vous avez fait des dizaines de conférences et interventions avec Pierre Jovanovic essayiste et journaliste économique et Etienne Chouard professeur dans l’enseignement technique et militant anti-européen.

Jovanovic, c’est l’économiste qui explique ses analyses et prévisions financières à partir d’interprétations des Evangiles. Cela parait fou mais ce n’est malheureusement pas du Legorafi.

Regardez sa bibliographie sur Amazon et les titres de ses bouquins :

Enquêtes sur l’existence des anges gardiens (avec une partie finance), 666, 777, Enquête sur l’apocalypse (avec Goldman Sach en Lucifer), Adolphe Hitler ou la vengeance de la planche à billets…

On s’arrête là, vous avez cerné le personnage.

Etienne Chouard eut son quart d’heure de célébrité qui dure depuis 2005, suite à un article de son blog sur l’Europe. Malheureusement, il a l’art comme beaucoup de beaux parleurs de dénaturer l’Histoire pour lui faire dire ce qu’il a envie d’entendre (ou que les nostalgiques des Croix de Feu de 1934 face à l’Assemblée Nationale ont envie de revivre).

Ces deux petits gourous des réseaux, économistes de ZAD et grands complotistes à temps plein que vous fréquentez beaucoup, sont tous les deux très amis avec Alain Soral, essayiste que je ne vous présente plus ou l’obsession de la communauté que l’on ne peut citée mangeuses d’enfants (kosher) 24/24, fermée samedi.

Ceci est votre entourage professionnel très proche, Madame. Cela permet aux lecteurs de mieux vous situer.

Comme je sais que vous allez me jouer votre crise d’hystérie en tapant des pieds sur votre clavier tout en me traitant de troll et de menteur (un troll est un anonyme, je ne me nomme pas JLM89765 avec une photo de pokemon…), il suffit tout simplement de taper sur Youtube votre nom avec ceux cités.

Et bim ! Tout est là.

Internet, c’est merveilleux, on l’exploite très bien avec Kchehck dans un autre domaine.

Pour info, tous vos supporters qui ont liké ou retweeté votre post me traitant de troll niais à jeter à la poubelle et sont tous supporter de la mouvance Zemmour. Etonnant, non ?

Le sujet bitcoin

Je reviens au sujet initial.

Autodidacte depuis l’âge de 15 ans, et encore j’optimise ma présentation, la franchise serait de dire – viré de l’école public à l’âge de 15 ans pour me retrouver à la rue et comprenant un peu tard que le savoir est une source de liberté – j’essaye d’accumuler des connaissances ou plutôt des compréhensions affinées de logiques, quelles soient physiques, philosophiques, sociales ou artistiques.

Donc, je vais vous répondre sur le sujet du bitcoin.

Je commence par deux phrases qui seront le fil d’ariane de ce post.

Observer ce n’est pas comprendre et pour être incompétent, il faut être compétent.

Observer n’est pas comprendre

Observer n’est pas comprendre : Cette phrase démontre d’une façon logique et imparable mathématiquement parlant (mes sources sont d’Etienne Klein) que deux objets de masse différentes tombent à la même vitesse. Vous voyez que le plus lourd arrive sur le sol avant le plus léger et vous en déduisez que plus c’est lourd, plus ça va vite.

En fait c’est faux. Les deux objets vont à la même vitesse.

Cette démonstration eut tellement d’écho en moi, comme un bouleversement de mes compréhensions instinctives que je me surprends à l’appliquer dans la vie.

Pour être incompétent il faut être compétent : Elle fut dite et démontrée par Mr Klein (encore lui) lors d’un interview radio avec en toile de fond le sujet pandémie.

Pour faire court, beaucoup trop d’experts en tout et en rien commencent leurs explications par : je ne suis pas virologue mais.

La science, ce sont des certitudes. On sait que la Terre est ronde, on sait que l’atome existe, on sait que l’Univers est en expansion, etc.

La recherche ce sont des doutes à élucider, un questionnement à résoudre qui implique mécaniquement à une réponse donnée une foultitude de nouvelles inconnues en cascade. Le chercheur doit être humble devant ses découvertes.

Humble car plus il résout plus il sait qu’il ne sait pas.

Savoir que je ne sais pas, philosophiquement parlant, je trouve ce théorème absolument lumineux.

Base décimale et base hexadécimale

Maintenant, venons en au bitcoin.

Pendant cette émission, vos arguments ne tenaient pas la route une seconde. Vous démarrez sur une plaque de verglas.

Quand je dis ne tiennent pas la route, c’est vraiment du premier degré mais de grâce, ne le prenez pas comme une insulte à vos compétences.

Je n’écris pas pour savoir qui a le plus gros cerveau, je voudrais juste que vous écoutiez.

Le débat, n’est t-il pas un endroit pour dé-battre, converser sans conflit ? La qualité d’un débat, n’est-il pas d’être étonné des arguments de l’autre ?

Maintenant, je vous emmène sur mon terrain. Soyez sans crainte.

Neuf pommes plus une pomme font 10 pommes. C’est évident.

Cette certitude est une réalité humaine, algébrique, créée et pourtant la majorité des gens la prennent comme une loi naturelle. C’est une évidence convenue car nous pensons naturellement en base 10 pour résoudre cette addition.

Sur le terrain où je vous invite, neuf pommes plus une pomme font A.

Pardon A ? Oui, c’est la base 16 à 16 chiffres. De 0 à 9 puis A pour 10 jusque’à F pour 15.

Un système de calcul utilisé en électronique numérique et en informatique particulièrement commode et efficace.

Si vous saviez la difficulté d’expliquer au commun des mortels que 9 pommes plus une font A !

C’est une autre logique, une autre façon de penser, imaginez que vous achetiez votre prochain téléphone reconditionné à 350€, cela ferait un prix de 15E. Que cette promotion de 99,90€ soit à 63,E666, que votre location de vacance à la semaine d’un montant de 750€ soit 2EE ou que votre dernier livre Double peine vendu en format Kindle sur Amazon à 12,99€ soit à C,FD70A.

Imaginons tout le travail de logique, de perception à faire et à surmonter pour commencer à comprendre une valeur avec un chiffre déroutant, imaginez tous les prix de tous les magasins sous cette forme ?

L’économie fonctionnerait toujours mais notre rapport à la valeur en serait totalement modifiée.

Le « t’as pas 100 balles » serait remplacé par un « t’as pas un 64 ? »

Mes deux atouts du bitcoin

C’est difficile de faire cette expérience de pensée. Il y a de grandes chances que l’on touche très rapidement notre point d’incompréhension.

Il ne s’agit pas de confronter la base hexadécimale à la base décimale, juste de souligner une autre logique des valeurs, un autre regard.

Et bien c’est la même chose pour le bitcoin.

Si je fais un parallèle, vous pensez en décimale un monde compréhensible en hexadécimal.

C’est très perturbant, j’en ai fait les frais.

Il s’avère qu’au début de la découverte de ce « truc », je n’y comprenait rien. Mais absolument rien. C’est même limite frustrant et blessant pour son ego.

Suis-je bête ? Le oui fait furtivement son entrée…

J’avais perçu deux éléments qui ont retenu mon attention :

Le premier :

Pour la première fois dans l’humanité, deux personnes sur deux points très éloignés du globe, peuvent échanger de la valeur en quelques secondes et sans passage obligé via un tiers. C’est la première fois que cela arrive, c’est tout simplement incroyable. Rien que sur cet exploit, le bitcoin mérite d’être respecté, on entre vraiment dans une nouvelle ère.

Le second :

J’ai vite compris que c’est un outil de protection pour les pauvres. J’entends par pauvre, la majorité des gens qui travaillent pour de petits salaires et qui, dans la majorité de pays, le salaire laissé sur un compte courant en monnaie locale fond comme neige au soleil à cause de perturbations inflationnistes.

Aujourd’hui 100 000 lires valent 1000$. Demain 700$, dans un mois 70$.

Respecter le fruit du travail

Un salaire c’est un travail. Le fruit d’un travail qui fond sur un compte bancaire, c’est tout simplement voler le bénéficiaire, ne pas le respecter.

Je vous invite à écouter Yves Choueifaty, CEO du fonds de gestion TOBAM.

Interview à partir de 22m40 (écoutez tout, c’est riche).

Enfin, un outil, un protocole qui permet à un travailleur de mettre de coté une partie de ses économie sans que :

– le risque que sa banque ferme,

– le risque de se faire voler s’il n’a qu’un matelas à la place d’un compte bancaire parce que pas éligible,

– le risque que les distributeurs de billets ne distribuent plus,
le risque de saisie,

– et surtout le risque d’inflation, celle qui convertie et ramène votre monnaie nationale au même niveau qu’un papier d’emballage tout graisseux.

Ce nouveau paradigme est sublime, parce qu’il bouscule la réalité financière de 90% des gens sur Terre : Je peux échanger n’importe où quelques secondes et un travailleur peut mettre de coté pour éviter les aléas de sa Banque Centrale.

Être suisse et fonctionnaire francais

Parce que voyez-vous, Madame Miret, on a tous des biais. Notre cerveau se développe selon son contexte extérieur et de son alimentation intellectuelle.

Vous, vous habitez en Suisse. Monnaies forte, démocratie forte, structure bancaire forte, tout est tellement fort, sécurisé, régulé dans ce pays que vous vous en apercevez plus, comme si c’était une évidence.

Après tout, un poisson rouge a t-il conscience d’être dans l’eau ?

Comme Nicolas Dufresne, fonctionnaire donc travail assuré, retraite assurée et surement bien protégée, d’un claquement de doigt il peut demander 300K€ à sa banque en prêt parce que son statut lui donne de la crédibilité. C’est une chance et tant mieux pour lui.

L’euro est une monnaie stable, on a des structures bancaire fortes en France et en Europe. Il ne sait pas ce qu’est le manque, l’incertitude monétaire, la dilapidation ou l’évaporation inéluctable de ses économies. Et il ne le saura jamais, tant mieux.

Mais de là à nous expliquer qu’une régulation monétaire via une Banque Centrale est garante de la démocratie, de nos libertés…parlons en aux libanais, vénézuéliens, béninois ?

On peut ajouter les chypriotes, argentins, laotiens. On peut y mettre près de 90% de la planète.

Combien de non bancarisés ?
Combien on perdu leur économie de toute une vie tout abusé par la confiance en leur banque centrale ?
Combien on travaillé gratuitement, incapable de bénéficier des fruits de leur travail, évaporés par l’inflation ou tout simplement séquestrés par la banque ?
Combien ? Pas vous en tout cas.
Tout le monde ne vit pas en Suisse, tout le monde n’est pas fonctionnaire français.

Il faut être compétent pour être compétent

Observer n’est pas comprendre : Voir chaque jours des centaines de personnes spéculer et s’exciter sur le bitcoin à la moindre hausse ou baisse, image tellement vénale, négative et hystérique, ce brouhaha n’est pas comprendre cette formidable révolution. Allez plus loin.

Il faut être compétent pour être incompétent : Mr Dufresne, cela fait 8 mois (c’est peu) que vous découvrez le bitcoin et vous vous placez en sachant, rien ne vous échappe, vous avez tout compris et au delà. Vous êtes incroyable de certitude et de savoir absolu qui, à un moment donné, devient une forme de suffisance naturelle.

Mais, quel haut fonctionnaire ne tomberait pas sous le charme irrésistible de son ego ?

Quand à Madame Miret, vous démontrez d’un coup de baguette magique que n’importe quel Etat peut dire stop au bitcoin. Il est d’ailleurs étonnant qu’aucun ne l’ait fait si c’est si facile.

Nous en sommes qu’au début

Le bitcoin en est à son stade préhistorique. La machine est lancée, affinée, toujours inattaquable et protègera des millions de petites mains qui bossent et qui voudraient garantir leur bien.

Un Etat l’a adopté en 2021, il y a en aura d’autres en 2022 et les années suivantes.

D’ailleurs et je reprends une célèbre phrase de Gilles Cadignan : A terme, ce n’est pas les Etats qui réguleront le bitcoin, c’est le bitcoin qui régulera les Etats.

C’est comme ça, que vous le vouliez ou non.

Prenez en compte 90% de l’humanité concernée par ces enjeux, prenez en compte que cette majorité ne peut pas sécuriser sa valeur gagnée.

Bitcoin prend tout son sens pour la protection des plus faibles.

Voilà le pourquoi des deux phrases de mon fil d’ariane.

Les aberrations spéculatives que vous voyez ne sont pas ce que vous comprenez.

Observer uniquement cet axe n’est pas comprendre le sujet.

Ce mouvement, cette transformation est riche, complexe, passionnante et savoir que l’on ne sait pas est le meilleur moyen de saisir les tenants de cette révolution de la valeur.

Certitudes et poncifs

Le bitcoin prend de l’ampleur parce :

Qu’il est super sécurisé,
Qu’il n’appartient à personne,
Que l’on peut stocker de la valeur en n’importe quel lieux et temps,
Qu’il est la solution au délires inflationnistes,
Qu’il responsabilise les gens,
Qu’il les protège de n’importe quel tsunami financier,

Prenez en compte que vous savez que vous ne savez pas et mettez vous à la place d’un citoyen du monde qui n’est pas bancarisé.

Il ne s’agit pas de mettre au pilori les anti bitcoin, juste que vos arguments soient à la hauteur des enjeux ou ignorez cet actif comme beaucoup ont méprisé Internet.

Les poncifs écologiques, de Ponzi, de régulation, de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme (ces deux derniers représentent 0,1% des transactions), sont tous réfutables.

Si le financement du terrorisme et le blanchiment d’argent vous tient tant à coeur, militez pour la suppression du dollars.

Humanisme et responsabilisation

Contrairement à ce que vous dites sur Twitter, nous ne sommes pas des clowns et nous ne remplissons pas notre vide abyssal d’auto-persuasion par une redoutable opération marketing.

En ce qui me concerne, je crois aux valeurs humaniste, donc en premier lieu à la dignité de l’homme.

Quoi de plus digne que de préserver le fruit du travail accompli en tout lieu, en tout temps, sous tout système politique.

Comme je sais que vous êtes allergiques aux connaissance du marché de l’énergie de Sébastien Gouspillou et aux arguments hyper pragmatiques d’Alexandre Stachtchenko, je vous invite à découvrir ce sujet sur un autre ton, celui de l’histoire, de la philosophie, du temps et du progrès par Yorick de Mombrynes.

Voici le lien, commencez à 32m20 si vous avez le courage de confronter votre bulle cognitive qui a de grande chance d’exploser et vous ouvrir à de nouveaux horizons.

Film tiré d’une histoire vraie

Encore une chose, voici un film tiré d’une histoire vraie, c’est ce qui fait son charme et offre de la crédibilité à ce film très bien joué.

Nous sommes en 1929, en Autriche…vous voyez le décors et l’ambiance de l’époque.

Un bourgmestre fait son possible pour sauver son village de la crise et il crée des certificats de travail, terme pour éviter la susceptibilité autorités bancaires, une monnaie locale pour faire repartir l’économie.

Je ne spoile pas la fin, mais la réaction de la banque centrale ressemble étonnamment à la votre.

Bon film et merci de m’avoir lu.